Les antidépresseurs

Auteur Emmanuelle CORRUBLE

Résumé du livre Les antidépresseurs

La découverte des antidépresseurs dans les années 1960, le développement de nouvelles molécules mieux ciblées et l’extension de leur champ thérapeutique ont profondément modifié et amélioré la prise en charge des patients. Ces progrès s’accompagnent toutefois de certaines réserves concernant une éventuelle surconsommation et leurs effets indésirables. Face aux questionnements et aux attentes qu’ont fait naître les antidépresseurs, cet ouvrage a pour volonté de présenter, de façon claire, précise et détaillée, toutes les informations nécessaires à la compréhension des mécanismes d’action des antidépresseurs et à leur prescription raisonnée : la pharmacologie : mécanismes neurobiologiques, modèles expérimentaux, pharmacodynamie, pharmacocinétique, interactions médicamenteuses ; les indications et les modalités de prescription : dépression, troubles bipolaires, troubles anxieux, douleurs chroniques, indications frontières, mais aussi dérives de prescription, la tolérance : effets indésirables, risque suicidaire, risque de virage maniaque, risques iatrogènes ; les spécificités liées au terrain : enfants, adolescents, femmes enceintes ou personnes âgées, addictions ou maladies somatiques ; la question de l’observance, les aspects médicolégaux et les perspectives pour le futur. Réunissant plus d’une cinquantaine de spécialistes reconnus, riche d’une soixantaine de tableaux et schémas explicatifs et d’un index détaillé, cet ouvrage est la référence indispensable pour tous les praticiens prescrivant des antidépresseurs.

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La responsabilité éthique du psychiatre dans la prise en charge somatique des patients atteints de pathologie mentale

Extrait du mémoire de DIU Ethique et pratique médicale

Proposition de communication Dr Frédérique GIGNOUX-FROMENT – HIA Laveran – Marseille

L’objet de ce travail est né d’un double constat : celui de la vulnérabilité physique des patients souffrant de pathologie mentale et du manque de prise en charge somatique par les soignants. Les données récentes de la littérature rapportent l’existence de nombreuses comorbidités somatiques chez les patients atteints de pathologie mentale telles que des troubles cardiovasculaires, une forte prévalence de syndrome métabolique ou de diabète pour ne citer que les plus fréquentes d’entre elles.

Depuis plusieurs années, les somaticiens se sont intéressées à cette problématique et ont été à l’initiative de recommandations pour l’amélioration de la prise en charge somatiques des patients souffrant de pathologie mentale1.

Ainsi, les autorités scientifiques recommandent l’amélioration des pratiques actuelles : les procédures d’accréditations des établissements de santé englobent la prise en charge somatique des patients et tout patient hospitalisé doit bénéficier d’un examen clinique somatique complet.

Alors que les patients atteints de pathologie mentale ont pendant longtemps été traités en dehors du système de santé général : dans des centres spécialisés au sein de structures dédiées à la psychiatrie (de par l’institutionnalisation puis la sectorisation), il est nécessaire aujourd’hui de repenser la prise en charge globale de ces patients dans un système de soins de plus en plus fragmenté et surspécialisé.

Le psychiatre, souvent principal interlocuteur de ces patients, occupe une place centrale dans leur prise en charge somatique mais comment articuler son action ?

En tant que médecin, il doit pouvoir réaliser lui même cet examen2, mais ce n’est bien souvent pas le cas. Quelles raisons peuvent expliquer leurs réticences ? Ont-elles un fondement éthique ? Existe t il des situations particulières nécessitant une mise à distance du corps du patient3,4 ? Comment le psychiatre peut-il articuler son action avec les somaticiens ? Le risque n’est-il pas de fragmenter les soins et de ne plus considérer le patient comme un être unique mais nécessairement objectivé par les différents intervenants5,6,7,8?

Nous tenterons dans notre travail de discuter les différentes positions éthiques et proposerons des axes de réflexion pour réaffirmer la responsabilité éthique du psychiatre dans la prise en charge des soins somatiques des patients atteint de pathologie mentale.

  1. Saravane D, et al. Élaboration de recommandations pour le suivi somatique des patients atteints de pathologie mentale sévère. Encéphale (2009),doi:10.1016/j.encep.2008.10.008.
  2. Paysant F. Extrait du power point « Droit et devoir du médecin», UE7-Santé société humaine –Société, droit et vieillissement. Université Joseph Fourier Grenoble, année universitaire 2010/2011
  3. André P, Bénavidès T, Giromini F. Corps et psychiatrie, 2ème édition révisée et augmentée. Edition heures de France. 2004
  4. Delion P. Le corps retrouvé : franchir le tabou du corps en psychiatrie. Rapport introductif journées de la Société de l’Info psy Lille, 2008.
  5. Grisso T, Appelbaum PS (1995) Abilities of patients to consent to psychiatric and médical treatments. The Mac Arthur treatment competence study. III. Law and human behavior, 19 (2)
  6. Sessums LL, Zembrzuska H, Jackson JL. Does this patient have medical decision-making capacity? JAMA. 2011; 306:420-427.
  7. Edward Etchells, Peteris Darzins et al. Assessment of patient capacity to consent to treatment. J Gen Intern Med. Jan 1999; 14(1): 27–34.
  8. Parsons T. Éléments pour une sociologie de l’action. La pratique médicale moderne. Paris: Plon; 1955. p. 197 – 238